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Respiration · 5 MIN DE LECTURE

Seuils ventilatoires : comprendre tes intensités pour mieux t’entraîner

Loïc Rolland CosnierKiné du sport · 19 octobre 2026

Une allure de course ne dit pas tout de l’effort qu’elle représente.

À 10 km/h, une personne peut courir confortablement tandis qu’une autre doit déjà fournir un effort soutenu. Même un pourcentage de fréquence cardiaque maximale ne décrit pas exactement la même contrainte pour tous les sportifs.

Mesurer ses seuils ventilatoires permet de mieux situer ses propres intensités. L’objectif est concret : savoir quel effort tu produis pour choisir une intensité cohérente avec la séance prévue.

Deux repères dans la réponse de ton corps à l’effort

Quand tu accélères, tes muscles consomment davantage d’oxygène et produisent davantage de dioxyde de carbone, ou CO₂. Ta ventilation augmente pour accompagner ces besoins.

Cette augmentation présente des changements de comportement que l’on peut identifier lors d’un test progressif. Deux repères sont particulièrement utilisés : le premier seuil ventilatoire, SV1, et le second seuil ventilatoire, SV2.

Leur détection repose sur l’analyse de plusieurs signaux respiratoires et, dans la méthode de référence, des échanges d’oxygène et de CO₂. [1]

SV1 : un repère pour situer l’endurance à faible intensité

Au premier seuil, la ventilation commence à augmenter davantage par rapport à la consommation d’oxygène. Ce changement accompagne notamment une production supplémentaire de CO₂ liée aux mécanismes qui régulent l’acidité dans l’organisme.

En pratique, SV1 aide à repérer la limite supérieure d’un effort d’endurance à faible intensité. En dessous, la respiration reste généralement confortable et la conversation relativement facile.

Cela ne signifie pas que tu dois courir tous tes footings exactement à ce seuil. Une sortie de récupération peut nécessiter une intensité nettement inférieure.

L’intérêt est de disposer d’un repère personnel pour éviter de transformer, sans le vouloir, chaque sortie facile en séance soutenue.

SV2 : comprendre quand l’effort devient beaucoup plus exigeant

Lorsque l’intensité continue d’augmenter, la ventilation finit par s’accélérer davantage, y compris par rapport à la production de CO₂. Cette réponse contribue à compenser l’acidification associée à l’effort : on parle de compensation respiratoire.

Ce second seuil constitue un repère pour organiser les intensités élevées. Il ne permet cependant pas, à lui seul, de connaître précisément la durée pendant laquelle une allure pourra être tenue.

Dépasser SV2 ne signifie pas que ton corps cesse d’utiliser l’oxygène. Les différentes voies de production d’énergie fonctionnent ensemble ; leur contribution évolue avec l’intensité. Le seuil ne correspond donc pas à un interrupteur entre deux modes de fonctionnement.

Ce que la mesure change dans ton entraînement

Le principal bénéfice est de donner des repères individuels à des consignes parfois floues : « footing facile », « endurance active », « séance au seuil ».

Prenons un exemple fictif.

Un coureur réalise habituellement ses footings à 11 km/h. Son test situe son premier seuil autour de 10 km/h. Si l’objectif de la séance est de travailler à faible intensité, son allure habituelle mérite d’être revue.

Il pourra choisir une allure inférieure, puis la confronter à sa respiration, à sa fréquence cardiaque et à ses sensations. La mesure devient ainsi une décision d’entraînement.

À l’inverse, les séances plus exigeantes pourront être positionnées avec davantage de cohérence. Leur durée, les récupérations et leur place dans la semaine resteront tout aussi importantes que l’intensité choisie.

Cette individualisation possède un intérêt expérimental : dans un petit essai randomisé de douze semaines chez des adultes sédentaires, un programme fondé sur les seuils ventilatoires a entraîné une amélioration moyenne de VO₂max supérieure à celle d’un programme fondé sur des pourcentages de fréquence cardiaque de réserve. Ce résultat soutient l’intérêt d’adapter les intensités à la personne, sans démontrer qu’un test garantit de meilleures performances chez tous les coureurs. [2]

Évaluer une progression utile sur le terrain

Lors d’une réévaluation, une question intéressante est : à quelle allure atteins-tu désormais une contrainte physiologique comparable ?

Si ton premier seuil se situe à une vitesse plus élevée, dans des conditions de test comparables et au-delà de l’incertitude de mesure, tu peux envisager d’ajuster tes repères d’endurance.

La fréquence cardiaque au seuil, prise isolément, ne suffit pas pour conclure. C’est la relation entre vitesse ou puissance, réponse physiologique et sensations qui donne du sens au résultat.

Un test demande une interprétation

Un seuil est un repère estimé à partir de mesures. Le matériel, le protocole et la qualité des données influencent sa détermination. Une analyse des échanges gazeux et une estimation fondée uniquement sur la fréquence respiratoire ne sont pas des méthodes interchangeables. [3, 4]

Sur le terrain, la chaleur, le dénivelé ou la fatigue modifient aussi la réponse à l’effort. Une allure obtenue sur tapis doit donc être adaptée au contexte, particulièrement en trail ou en HYROX.

L’approche SapienX

Chez SapienX, le bilan sert à relier les mesures à ta pratique : comprendre ce qu’elles indiquent, connaître leurs limites et en tirer des consignes applicables.

Tu repars avec des repères pour mieux distinguer tes efforts et construire un entraînement adapté à ton niveau, à ton quotidien et à ton objectif.

Découvre le RespiLab et le Running Lab sur sapienx.fr.

Références scientifiques

[1] Beaver, W. L., Wasserman, K., & Whipp, B. J. (1986). A new method for detecting anaerobic threshold by gas exchange. Journal of Applied Physiology, 60(6), 2020–2027. Consulter la publication

[2] Wolpern, A. E., Burgos, D. J., Janot, J. M., & Dalleck, L. C. (2015). Is a threshold-based model a superior method to the relative percent concept for establishing individual exercise intensity? A randomized controlled trial. BMC Sports Science, Medicine and Rehabilitation, 7, 16. Consulter la publication

[3] On the determination of ventilatory threshold and respiratory compensation point via respiratory frequency. Consulter la publication sur PubMed

[4] A simplified approach for the estimation of the ventilatory compensation point. Consulter la publication sur PubMed

Et si on parlait
de ta pratique ?

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